The kids are all right

24 mars 2012

Cette photo, prise à la manif étudiante de jeudi dernier, mérite de faire le tour du monde.

[photo: Isabelle Michon]

Le retour du cul

20 mars 2012

Bon. Ça y est. Je redonne vie à cet espace.

Le cul entre deux chaises… ça me décrit encore adéquatement. Sauf que l’automne dernier, j’en ai fermement choisi une et je m’y suis assis.

J’ai joint Occupons Montréal. J’ai vécu l’occupation du Square Victoria et m’y suis impliqué avec l’énergie du désespoir et ce, jusqu’à ce que le maire et son service de police nous expulse.

Ce fut l’expérience la plus transformative et enrichissante de ma vie… une expérience que je commence à peine à digérer.

Comment quelqu’un comme moi qui se disait “conservateur d’extrème-centre” en est-il venu là?

C’est une question, parmi plusieurs autres touchant aux buts et à la pertinence du mouvement, que j’ai l’intention d’explorer ici.

À bientôt.

[CENSURÉ] ou le génie de Stone et Parker (1)

2 mai 2010
mohamed - south park - super best friends

Image de Mahomet diffusée la première fois le 4 juillet 2001 sans causer de problème ...jusqu'à tout récemment.

« Oh God, you guys, really? This again? », s’exclame Stan après que Kyle ait traité Cartman de « fat-ass » et que ce dernier lui réponde de son habituel: « Hey, I’m not fat! You sneaky jew! ».

« You guys, stop! All you’re doing is re-hashing a bunch of old stuff. » lance-t-il, quelques répliques plus loin, après que Kyle ait remis la paternité de Cartman en question, une référence à une vieille histoire qui forme le point de chute de la toute première saison de cette série qui dure maintenant depuis près de 15 ans.

Nous sommes au début du 200e épisode de South Park et les adèptes comme moi qui ont suivi religieusement la série depuis le début n’avont encore que le plus petit avant goût, avec ces répliques d’ouverture, du point auquel les deux créateurs de la série, Matt Stone et Trey Parker nous annoncent qu’ils s’apprètent à récompenser notre fidélité au cours des deux prochains épisodes à coup de références bien placées au meilleur de ce qu’ils nous ont livré au fil des années. On ne se doute pas non plus encore à quel point, avec ces mêmes répliques, ils nous annoncent qu’ils sont conscient de l’ironie derrière la controverse principale qu’ils s’apprêtent à (re) lancer (puisqu’on ne peut revisiter les 14 dernières saisons de cette série sans passer par la seule fois où elle fut censurée et surtout, sans toucher à ce que cet événement original de censure avait de plus ironique.)

C’est d’abord en avril 2006, au cours de la 10e saison et pas longtemps après la controverse des caricatures danoises, que la série qui ne recule devant aucune vache sacrée nous présente une histoire qui tourne autour du fait qu’une émission animée rivale (Family Guy) diffusera la semaine suivante (dans l’univers South Park) un sketch mettant en vedette le prophète Mahomet. L’histoire de ces deux épisodes (Cartoon Wars I & II) tourne justement autour de la controverse à savoir si le diffuseur imaginaire de la version (satirisée) de Family Guy (dans l’univers South Park) va censurer ou non le sketch en question.

Get the Flash Player to see this content.

La semaine suivante l’équipe de production de South Park livre au diffuseur (pas imaginaire) de la série, Comedy Central, un épisode écrit de façon à laisser la réponse entre leurs mains. L’épisode comprenait une séquence de 9 secondes à la fin où Mahomet entre en scène (dans le sketch de la version satirisée de Family Guy) pour dire quelque chose de parfaitement anodin sans dire quoi que ce soit. Dans l’épisode en question, le président d’un Fox fictif, diffuseur d’un Family Guy fictif, décide finalement de permettre la diffusion de l’épisode intégral non-censuré. le tout écrit d’une façon qui en appelait aux pouvoirs non-fictifs de Comedy Central d’en faire de même.

Malheureusement, Comedy Central a plutôt choisi de censurer la séquence… prouvant ainsi que le tabou imaginaire couvrant les représentations graphiques du Prophète s’étendait alors jusqu’à la diffusion imaginaire d’une émission satirisée dans le monde fictif d’une émission de satire.

L’ironie grosse comme le bras pour tous les adèptes de la série bien sûr est que nous nous souvenions très bien que quelques années auparavant, En juillet 2001 pour être plus précis (Oui, seulement quelques mois avant que Ben Laden ne transmette fatalement sa névrose à l’Occident), dans un épisode intitulé Super Best Friends, Mahomet tenait un rôle bien visible et non négligeable en tant que super-héro combatant le mal et l’injustice aux côtés de Jésus, Boudha, Krishna, Joseph SmithLao-Tzeu et …Seaman.  Et le comble de l’ironie (ainsi qu’un point en faveur de Comedy Central) pendant que la controverse autour de toute cette histoire rageait en 2006, était que l’épisode de 2001 où Mahomet apparaît continuais à être disponible sur les sites officiels comme tous les autres épisodes d’archive.

[L'épisode n'est plus disponible depuis jeudi le 21 avril dernier, le lendemain de la diffusion du 201e épisode dont la censure est à l'origine de cette journée « dessinons Mahomet ». Et puisque je n' ai pas le talent comme certains de marquer cette journée d' un dessin de mon cru, je présente donc l'extrait qui suit, hébergé à un endroit où je suis le seul responsable de sa diffusion (ainsi que ce lien où l'on peut encore se procurer l'épisode au complet) en l'honneur de cette journée. Vagues mises en situation ici et ici.]

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Alors qu’ont fait Stone et Parker cette fois pour se surpasser lors de cette rétrospective de leur oeuvre et ainsi provoquer un incidentt de censure encore plus grotesque et délirant?

J’y viendrai, ainsi qu’à ce que tout ceci m’inspire en bout de ligne, dans un second billet. Pour l’instant, il est minuit, je tiens à publier quelque chose aujourd’hui et c’est tout ce que j’ai pu pondre pour le moment. La conclusion devra se faire attendre.

Blasphème

2 mai 2010

On me rapelle qu’aujourd’hui c’est « Everybody Draw Mohamed Day! ». J’en profite donc pour sortir de ma cachette et tenter de pondre le billet qui me travaille l’esprit depuis que dure la controverse provoquée par les épisodes récents de South Park. Certains sauront que je suis un fan fini de la série… j’ai donc suivi l’histoire de près depuis le début et sachez que si seulement j’eût l’énergie de bloguer comme je le souhaiterais, cet espace aurait été rempli de réflexions sur le sujet ces dernières semaines. Je tente maintenant de les concentrer dans un billet qui, avec de la chance, sera publié aujourd’hui… avant minuit.

En attendant, pendant qu’on est dans la profanation de personnages dits « sacrés », et par désir de vouloir tirer équitablement sur toutes les cibles qui le méritent, je vous offre ce petit numéro qui ne me sort pas de la tête depuis que je l’ai croisé ici vendredi dernier:

J’ai beau me déclarer un « ami de la religion », je n’accepte pas pour autant quelque limite que ce soit sur la liberté d’expression en son nom. Et comme le dit la chanson:

This has nought to do with other fucking godly motherfuckers
Im not interested right now in fucking scriptural debate.
There are other fucking songs and there are other fucking ways,
I’ll be a religious apologist on other fucking days,
But the fact remains if you protect a SINGLE kiddy fucker
Then Pope or Prince or Plumber, youre a fucking mother fucker.

Paroles complètes ici. Version “c**surée” ici.

Pour vous rafraichir en ces premières journées « d’été »

3 avril 2010

Une crème glacée avec une saveur tout à fait québécoise.

La franchise est une ruse

2 avril 2010

J’ai eu l’occasion hier de me réunir avec un groupe d’amis que je vois régulièrement depuis plusieurs années (au début c’était pour jouer à dungeons & dragons, mais depuis nous avons troqués cette activité pour des jeux qui ne demandent pas tant d’investissement de temps hors de nos rencontres devenues trop occasionnelles). Ceci dit, il s’agit d’un groupe assez éclectique en termes d’âge, de background, de position dans l’échelle des revenus et d’intérêt pour la chose politique (en ce sens que plusieurs n’en ont pas). J’ai donc pu constater que ma confusion quant aux mesures les plus controversées du budget Bachand, soit l’idée d’une « franchise » et/ou d’un « ticket modérateur » en santé, semble être plutôt généralisée.

Et bien que ce soit typique de ce groupe que je n’aie pas senti de grogne comme telle venant d’eux face à ces mesures (plutôt une espèce d’incrédulité surprise que le gouvernement se mette dans une situation où il allait clairement provoquer tant de grogne), je constate que parmi tous les éléments de ce budget qui changent quelque chose de fondamental dans la gestion de l’état, cette mesure en santé a vraiment su capturer toute l’attention (jusqu’au chauffeur du taxi que j’ai pris hier qui monte le son de son radio dès qu’il en est question) et à devenir un paratonnerre pour une foudroyante grogne populaire qui, de toute évidence, dépasse largement les confins de la gauche militante et de ses hauts cris habituels.

Ça se sent un peu partout: People are really pissed and they’re screaming…

Trève de plaisanterie et de eighties kitsh, voici ce que je comprend à date de la proposition du gouvernement. SVP, corrigez moi là où je suis dans l’erreur.

D’abord on introduit une franchise annuelle que tout le monde paie, qu’ils aient eu ou non à utiliser un quelconque service de santé cette année là. (Ai-je bien compris qu’en dessous d’un certain revenu, genre 30 000$, on serait dispensé de la payer?), cette franchise serait réglé, comme l’assurance médicament, lors du rapport d’impôts. Le prix en est d’abord fixé à 25$/année, mais augmentera au cours des deux années suivantes pour atteindre 200$/année.

Ensuite, et c’est là qu’il semble avoir beaucoup de confusion, il est aussi question d’un « ticket modérateur ». C’est à dire un frais qui nous serait imposé à chaque fois qu’on tente d’accéder aux services de santé. Si j’ai bien compris, le gouvernement est demeuré vague sur le prix et la façon dont un tel frais serait implanté. Ce qui fait qu’on entend toutes sortes de choses à ce sujet. Le prix semble avoir été fixé à 25$ par visite dans l’imagination populaire et j’ai l’impression que plusieurs s’imaginent des situation où des gens se feront refuser l’entrée à l’hôpital faute de ne pouvoir sortir 25$ de leur portefeuille. L’autre scénario plus « raisonnable » qu’on entend est que ces frais seraient accumulés et payables, comme la franchise, lors du rapport d’impôts. Je lis aussi que le gouvernement affirme que la somme de ces frais serait plafonnée à 1% du revenu annuel de chaque individu.

En observant tout ça de ma position entre deux chaises qui est favorable à l’introduction de certains principes soutenus par les « lucides », mais qui, comme les « solidaires », est révolté par la manière brutalement injuste dont on propose de les appliquer, je ne peux m’empêcher la réflexion suivante:

La « franchise » annuelle est une ruse, un bait and switch, visant à nous faire gober le principe du « ticket orienteur ».

Il n’y aura pas de franchise. L’idée est tout simplement offensante. Même pour quelqu’un comme moi qui est plutôt ouvert aux autres principes derrière ce budget. L’idée qu’il en coute autant (pour la santé!) à quelqu’un qui gagne 80 000+ par année qu’à quelqu’un qui en gagne 30 000 semble inacceptable même chez ceux qui se disent prêts à accepter qu’il faut payer plus.

J’en conclue donc que l’idée a été mise de l’avant pour donner de la viande à ronger au mouvement de protestation inévitable qui allait émerger après un tel budget et pour leur fournir une « victoire » apaisante lorsqu’on la retirera au bout d’une longue bataille. L’idée du ticket orienteur, elle, a été introduite avec un flou délibéré afin d’évoquer les pires scénarios dans l’imaginaire populaire et ainsi, lorsqu’une version moins « épeurante » de l’idée que celle présentée par les protestataires sera finalement implantée, tout le monde pourra se dire: Ouf! Au moins on a échappé au pire.

Je ne fais pas souvent dans l’idée que nos dirigeants essaient de nous passer un sapin, j’y suis plutôt allergique, mais ici, je ne peux m’empêcher de voir une manœuvre habile de quelqu’un qui, malgré son apparence de mouton frisé, est devenu, au fil du temps, un vieux loup de la politique.

Question de perspective

2 avril 2010

Trouvé ici.

Le budget

1 avril 2010

Je suis plutôt préoccupé par mon travail ces jours-ci et je n’ai pas pu consacré autant d’attention que j’aurais voulu au budget Bachand. Ce qui fait que j’en ai une connaissance plutôt sommaire formée des bribes que j’ai pu attrapper dans les médias généraux et en parcourant rapidement la sphère. Ce que j’en pense est donc encore sujet à révision à mesure que les détails s’éclairsissent dans mon esprit et vous êtes le bienvenue à m’y aider.

Je m’envenais annoncer dans ce blogue que j’avais perdu ce qui restait de mes convictions qui me permettaient encore de me qualifier de légerement « centre-droit » (ç’a commencé ici) et que j’étais plutôt devenu « d’extrème-centre ». Mais à voir l’intensité du déchirage de chemises du côté gauche de la sphère (vraiment lutopium, à ce point là?) et la  façon agréablement tiède dont il fut reçu à droite, j’imagine que mon centre à moi doit encore se trouver à droite de la moyenne parce que malgré de sérieuses bémoles auxquelles je reviendrai, je dois dire qu’en gros j’ai une réaction qui tend plutôt vers le positif… Tiède, mais agréable quoi. (Sauf que, contrairement à mes amis de droite, ma tièdeur ne viens pas de ce que je trouve qu’il ne va assez loin. Au contraire)

Tout d’abord, malgré les hauts cris de la gauche, je ne vois pas vraiment en quoi l’essentiel de l’appareil de l’état-providence ainsi que les principes qui le sous-tendent  sont remis en question. Tout cela me semble maintenu. Ce que j’aime de ce budget c’est qu’il semble introduire certains principes auxquels je suis plutôt favorable. Entre autres, celui d’une certaine tarification des services à la pièce et celui des taxes dédiées (j’aime surtout le second). J’ai beaucoup de difficulté avec certaines des façons dont ses principes sont introduits, mais je suis assez contents qu’ils le soient. Et d’une façon plutôt irréversible. Un peu comme comme la réforme de l’assurance santé chez nos voisins, nous venons d’assister à un changement de paradigme où dorénavant, sur certains principes, la question ne sera plus « si », mais « comment ».

Ceci dit, une fois ces principes établis, la gauche trouvera toujours un allié chez moi quant au  « comment ». Je suis absolument horrifié par le caractère regressif des mesures spécifiques de ce budget. Lorsque je dis que je suis favorable à des principes de tarification des services, etc., c’est parce que j’imagine un système beaucoup plus progressif que ça.

Si on est pour fixer des prix à des services spécifiques, je veux qu’ils soient ajustés en fonction de la capacité à payer de chacun. En fait, partout où le gouvernement nous exige un “frais fixe”, je veux qu’ils soit ajusté ainsi. J’aime l’idée des frais, je ne veux simplement pas qu’il soient fixes.

En autres mots, maintenant qu’on s’apprète à payer de plus en plus à la pièce pour tout ce que l’état nous offre, mon combat est pour que chaque service (le permis de conduire , pour prendre juste une exemple) coute plus cher aux riches qu’aux pauvres.

Sinon, c’est pas juste!

Dans la catégorie « huh? »

31 mars 2010

Lu (dans les commentaires) chez Renart:

N’importe quel zouf avec un minimum de culture politique sait très bien que le libertarianisme est aux antipodes de l’extrême-droite!

Vas donc lire Ayn Rand, ça presse!!!!!

Huh?

Ce qui me donne une excuse pour ploguer cette lecture suggérée.

Bonus.

Espace Jazz

30 mars 2010

Bon sang que je suis un radio-canadien fini…

Ce truc est vraiment génial. Configurable pis toute! C’est devenu mon home music player par défaut.

Un jour je finirai bien par pondre l’ode aux médias publique (SRC, TV5, PBS, BBC, ect.) qui mijote dans ma tête depuis quelques années.

À la défense de Clotaire Rapaille

30 mars 2010

Toute cette saga m’a vraiment fait rigoler. Dommage qu’elle se termine déjà.

Ça fait longtemps que je suis conscient de l’existence de Clotaire Rapaille. Pour une raison qui m’échappe et sans que ce soit mon intention, j’ai du voir une demi douzaine de reportages/profils dans une langue ou l’autre sur l’homme et sa « méthode » au cours des 10 ou 15 dernières années. Et je ne me suis jamais fait d’illusions sur la nature de la bête.

Voyez-vous, j’ai grandi dans un environnement qui côtoyait communes hippies… croyances ésotériques… voyant(e)s… etc… Puis ce fut ces worksops et seminars de la fin des des années 70 qui enseignaient la croissance personnelle et je ne sais quoi. [Ma mère m'a forcé à participer à l'un d'eux conçus « spécialement pour les enfants » à New York quand j'avais 8 ou 9 ans. Je me souviens d'y avoir passivement résisté du début à la fin. On nous faisait se coucher par terre et fermer les yeux et on nous demandait de « sentir les couleurs du tapis avec nos mains ». Et moi je faisait semblant, alors que je chantait plutôt la chanson thème de Spider-Man dans ma tête et m'inventais des histoires pour passer le temps.] Ce sont ces même phénomènes qui, plus tard dans les années 80, ont pris des cours de marketing et mis une cravate pour devenir les gurus de la PNL… les Anthony Robbins… ou encore des trucs comme ceci ou ceci. En plus de mon enfance, je connais pour avoir exploré à différents moments de ma vie (plus intellectuellement qu’activement et avec un scepticisme qui ne m’a jamais quitté un seul instant) tous les exemples que je viens de citer. Alors disons que je m’y connais en charismatiques capable de convaincre les gens de toutes sortes de choses. Et Rapaille fut instantanément identifié dans mon esprit comme l’un d’eux… mais avec une distinction particulière qui me le rend plutôt sympathique: Au moins Rapaille ne se sert pas de son talent pour sucer l’argent du commun des mortels. Ses victimes sont des dirigeants d’entreprises et autres big shots… et en plus, je crois sincèrement qu’il leur offre un réel service.

Comprenez moi, je n’ai jamais cru une seule seconde à tout l’édifice de jargon pseudo-scientifique, aux « codes », « méthodes », « formules », « secrets » et autre pseudo langage sacré dont ont se sert pour donner de l’autorité à tous les phénomènes que je cite plus haut. Pas plus que je crois Rapaille lorsqu’il essaie de justifier ce qu’il fait en le coiffant de diplômes, de recherches et d’études. Et bien sûr que tous les gens qui promulguent ces phénomènes sont, à un certain niveau, des charlatans. Mais ça ne veut pas dire que je ne vois pas de la valeur dans tous ça. C’est juste que, comme le dit si bien un ami de Rapaille cité dans la fameuse « enquête » (moi j’ai plutôt trouvé que c’était un excellent « profil ») supposément dévastatrice du Soleil:

[C']est probablement très cher pour ce que c’est : beaucoup d’intuition.

Bon, enlevez le « probablement ». Ce que je veux dire c’est que tout ça ne veut pas dire que ce n’est pas de la bonne intuition, dans le cas de Rapaille, probablement de l’excellente.

[Au fond c'est un peu la même attitude que j'ai envers la religion. Sauf que j'accorde beaucoup plus d'importance et de révérence envers la religion parce qu'ancrée dans notre passé lointain. Elle représente l'intuition ancestrale.]

Dans cette ère de vendeurs de croissance personnelle, Rapaille, lui, à plutôt décidé de prendre ce shtick et s’en servir pour donner des « outils » aux gens qui font du marketing. Et je n’ai pas de difficulté à croire que ça donne probablement d’excellentes campagnes. Car de toute façon, en marketing, là aussi malgré tout le jargon, on nage dans la pure intuition. On est dans l’art et au fond Clotaire est un artiste, un des grands dans son domaine. Et s’il a réussi, dans ce monde de la surenchère à se faire payer (trop) grassement pour ses intuitions, grand bien lui fasse.

Le problème commence quand c’est le maire d’une ville qui décide de payer pour cette surenchère avec les deniers publics. Là où la surenchère est sensé être bannie. (yeah, right)

Plutôt que Clotaire Rapaille, celui qui mérite notre opprobre, notre mépris et notre dégout dans toute cette histoire, c’est Régis Labeaume.

Après crise

29 mars 2010

Bon ben, je vous avais annoncé que j’exposerais davantage mes imperfections dans ce blogue…  je ne croyais pas si bien dire.

Mon billet d’hier représente le genre de crise d’angoisse qu’il m’arrive de vivre à l’occasion… elle n’était pas sans justification et elle est certainement le résultat de mon propre mauvais comportement, mais elle était pas mal hors de proportion. Car ce matin, la fin du monde que j’entrevoyais ne s’est pas produite et j’ai encore un emploi…

Finalement, il semblerait que mon patron me connaît pas mal mieux que je ne le croyais.

Et évidemment, ce matin, avec l’esprit calmé, j’ai finalement trouvé la piste par laquelle je commence enfin à comprendre ce qui m’échappait dans le fonctionnement de la fameuse composante centrale. Je n’en suis pas encore au point où « tout deviens clair et que ça déboule rapidement », mais là, je suis définitivement sur la bonne voie et je sais que ça s’en vient.

Ceci dit, je sais très bien que le moyen pour moi d’éviter de telles crises à l’avenir est surtout d’éviter de me mettre dans ces situations où je fais semblant de savoir ce que je fait (même si la vaste majorité du temps, je m’en tire). Car même si la fin du monde n’est pas arrivé, après la panique (inutile) d’hier, je suis complètement crevé et je tape des clous, ce qui fait que, malgré que les choses commencent enfin à fonctionner pour moi,  je n’ai vraiment pas été aussi efficace que j’aurais pu aujourd’hui

Leçon de la semaine : Honesty is always the best policy.

Bon, allez! Assez de « perso », on retourne à l’opinion.

Je suis dans la m…

29 mars 2010

Et comme la vaste majorité du temps où je me retrouve dans la grosse m…, c’est entièrement de ma faute.

Depuis plus de deux semaines au bureau, je travaille sur un projet (dans un langage informatique que je ne maîtrise pas) qui consiste à intégrer une nouvelle composante technologique dans notre produit principal. Le problème est qu’en plus de ne pas maîtriser le langage dans lequel je travaille (notre produit utilise deux langages et c’est dans l’autre que je suis un crack), le fonctionnement et le déploiement de la pièce que je dois intégrer m’est totalement opaque et mystérieux… J’ai eu une session avec un consultant externe (l’ancien programeur en chef de l’entreprise qui nous a quitté pour d’autres horizons en novembre dernier) qui me l’a expliqué sommairement et si j’avais commencé à travailler dessus immédiatement après cela, tout se serait certainement mieux passé. Mais la vie de l’entreprise a fait en sorte que d’autres priorités se sont présentés qui ne pouvaient attendre et ce n’est que quelques semaines après cette formation que j’ai finalement pu m’y mettre vraiment. Le problème est que rendu là, je ne me souvenais plus du trois quart de ce qu’on m’avais montré. Ceci dit, ça arrive souvent que je me retrouve dans une telle situation dans mon métier et ma méthode est de bûcher, de l’approcher d’en haut, d’en bas et de tous côté jusqu’à ce que j’en perce le mystère. Des fois c’est long, mais après, tout tombe en place très, très rapidement et je finis toujours par maîtriser mon sujet et livrer une marchandise solide. Alors j’avais confiance qu’il en serait comme ça ici aussi.

Mais cette fois, j’ai vraiment eu de la misère, j’avais beau bûcher, l’approcher comme j’approche toute nouvelle technologie, ça ne rentrait pas. Alors j’ai mis ça de côté et j’ai programmé autour… j’ai travaillé à mettre ce qu’il falait en place dans notre produit (dans lequel je me retrouve, même quand c’est pas mon langage)  pour qu’il puisse utiliser la nouvelle composante comme il faut (du moins en théorie car ça n’a pas encore vraiment été testé) et j’ai alterné comme ça, revenant à essayer de percer la composante, puis retournant aux parties à faire dans le produit principal quand je n’en pouvais plus. Tout le long me disant que, comme toujours, je finirais par atteindre le point où tout devient clair et se met à débouler. Seulement voilà, le deadline est demain et je n’y suis toujours pas. Presque tous les morceaux du casse tête sont sont prêts à être assemblés, mais la pièce maîtresse continue à m’échapper. Pire que ça, je n’arrive même plus à faire fonctionner la composante là où elle fonctionnait dans nos proof of concepts initiaux. Je dois livrer la marchandise demain et tout ce que j’ai, c’est un édifice sans fondation.

Mais voyons, Alain, ça n’a pas l’air si pire que ça. Tu a travaillé fort et tu semble près de la solution, ton patron comprendra sûrement, vous dites-vous? Peût-être… si je lui avait fait part de mes difficultés dès le départ. Mais pour toutes sortes de raisons malsaines (que je n’énumérerai pas) et surtout parceque j’avais confiance que j’y arriverait comme toujours, tout le long, j’ai projeté l’impression que tout était sous contrôle et que je maîtrisais adéquatement mon sujet. À aucun moment je ne lui ai fait part de mes difficultés avec la composante à intégrer. Tout au plus, je lui ai dit que c’était long parceque je travaillais hors de mon élément habituel, ce qui est vrai. Et vendredi dernier, lorsqu’il m’a fait part que la livraison commençait vraiment à urger, comme tout ce que j’avais à faire autour était pas mal terrminé (autant que c’est possible avant de tout assembler) et qu’il ne me restait plus qu’a me concentrer uniquement sur le problème de la composante qui m’échappe depuis le début, dans un excès de confiance , je lui ai dis que je travaillerais en fin de semaine et que j’aurais quelque chose de fonctionnel (du moins pour tester) lundi. Et lui a donc promis la même chose à des pouvoirs plus élevés qui demande des comptes.

Hier matin je m’y suis mis un peu… mais toujours sans succès et dans un excès de frustration j’ai voulu me changer les idées et je me suis mis à écrire un billet qui au départ se voulait relativement court, mais qui est devenu le long monologue narcissique que j’ai publié ce matin. Aujourd’hui, j’y ai mis l’énergie du désespoir toute la journée et au lieu de progresser, je me suis enfoncé encore plus creux car, comme j’ai dit plus tôt, je n’arrive même plus à faire fonctionner des trucs qui fonctionnait au départ. Il s’agit surement d’une niaiserie, un petit détail qui a tout brisé, mais j’ai passé la journée a essayer de comprendre ce qui se passe et je suis si peu dans mon élément ici que j’ai peine à me figurer où même regarder.

Et là, demain matin, je dois faire face à la musique. J’ai déjà averti mon patron ce soir que je n’arrive plus du tout à faire fonctionner la composante et que rien n’est donc en état d’être livré demain, maintenant je vais devoir lui expliquer pourquoi.

Ce n’est pas le fait de ne pas avoir rencontré la date promise de livraison qui sera impardonnable. C’est le fait de ne pas avoir demandé d’aide quand j’en aurais eu besoin, c’est à dire au tout début. C’est surtout le fait d’avoir dissimulé l’ampleur de mes difficultés à me remémorer la formation initiale sur la composante et d’avoir projeté l’atitude que je savais ce que je faisais alors que ce n’étais pas le cas.

Ce que j’ai endommagé si je ne l’ai pas brisé, c’est le lien de confiance .

[Bon, j'ai commencé ce billet à 23h parce que je suis dans un certain état de panique et que c'etait clair que je dormirais pas tout de suite... et là, il est 00h35 et bien que je doute encore de ma capacité à m'endormir je dois m'y mettre car je veux être au bureau tôt demain. Je publie donc sans révisions, tant pis pour les fautes.]

Souhaitez-moi d’avoir encore un emploi dans deux semaines… j’ai peur que ça en vienne là.

« It’s sticky »

28 mars 2010

J’aime les trucs « vintage »… les vieilles pubs qui illustrent à quel point les valeurs se déplacent avec le temps comme ceci ou ceci. Ou encore les vieux film de promotion ou d’instruction concernant des technologies obsolètes comme ceci et ceci.

Mais ce matin en naviguant les vastes océans digitaux, j’ai croisé ce qui suit qui est sans conteste le truc le plus étrangement fascinant qu’il m’a été donné de voir à date. Celui ci n’illustre pas vraiment de grand changements de valeurs, il est d’une ceratine façon très bien fait pour ce qu’il essaie d’accomplir, mais il est seulement… Je n’arrive tout simplement pas à décrire où même à identifier la nature de ma réaction.

Il s’agit d’un film d’instruction tourné dans les années 60 pour expliquer les menstruations aux petites filles trisomiques. (I kid you not)

Pourquoi « Le cul entre deux chaises »

28 mars 2010

Non, ça n’a aucun rapport avec la toune ci-haut du groupe Mademoiselle K dont je ne connaissais pas l’existence avant de taper les mots « entre deux chaises » dans Google l’autre jour pour voir si c’était viable de nommer mon blogue ainsi. (bien que j’avoue que la toune me va à merveille)

En fait, il ne s’en doute probablement pas encore, mais le titre de ce blogue me vient de Renart Léveillé qui lors d’une conversation blogosphérique il y a quelques années qualifia ma position en ces termes:

[T]u sembles t’asseoir entre deux chaises par ton refus de choisir une position claire, [...]

C’était la première fois que j’entendais l’expression. Plutôt qu’une tare, je l’ai tout de suite vue comme une merveilleuse façon de décrire ma pensée, j’ai donc répondu:

Tu as raison de dire que je suis entre deux chaises, c’est vrai, je l’assume pleinement.

[...]

[P]our moi, [c'est] la seule position à partir de laquelle il est possible de prendre une décision éclairée.

Entre deux chaises.

J’aime ça. J’aime vraiment ça.

Je pense à renommer mon blogue. Sérieusement.

C’en est evidemment resté là, mais l’idée que c’était là un titre on ne peut plus de mise pour un blogue dont je serais l’auteur ne s’est jamais complètement estompée dans mon esprit.

Il allait donc de soi lorsque j’ai finalement décidé, après ma longue pause, de ne plus revenir au Petit Émerillon et de recommencer à neuf que ce serait le titre de mon nouveau blogue.

Pourquoi cette tournure de phrase s’est-elle inscrite si fortement dans mon esprit? Parce qu’elle est plus que seulement descripive de ma « pensée », elle me décrit à tous les niveaux.

La dualité, l’ambiguité et le paradoxe sont au coeur même de mon identité.

Je suis un progressiste… qui prone une approche conservatrice. Un nationaliste francophone… qui réfléchit (probablement plus que) la moitié du temps en anglais. A libertarian… with a bleeding heart (désolé mais elle se disait juste en anglais celle là… trois morceaux de robot à celui qui me donne un bon équivalent français de « bleeding heart »). Un délinquent… qui respecte la tradition. Un passionné hypersensible… capable d’un détachement émotif et d’une concentration mentale à rivaliser avec M. Spock. Un pervert débridé… qui veut se marier et avoir des enfants. Et je pourrais continuer comme ça longtemps. Il y a aussi bien sûr les deux langues, les deux cultures qui m’habite, c’est incontournable. Et plus jeune, quand j’étais ado, à l’age où on essaie de se former une identité, mon style par excellence était de me vetir d’un veston cravate (avec les manches retroussées, c’était les années 80) et d’un jean déchiré. Puis, à l’âge ou on commence à nous mettre de la pression pour qu’on choisisse “ce qu’on veut faire dans la vie”, j’étais paralysé entre prendre la direction des arts ou celles des sciences, j’avais (j’ai toujours) une réelle passion pour les deux. Au fond, il me manque seulement d’être bisexuel et ce serait vraiment complet (j’ai poutant essayé).

Mais plus loin encore, toute ma vie je me suis senti condamné à voir, à vivre même, « les deux côté de la médaille ». Je crois que c’est lié à une étrange capacité que tout le monde possède à différent degrés, mais qui pour moi semble être une seconde nature, celle de « sortir de soi-même » et sinon de se mettre à la place de l’autre, du moins voir la situation d’un oeil extérieur. Comme je dis, tout le monde est est capable d’ouvrir cet « oeil extérieur » et tout le monde le fait régulièrement (quoique qu’il y en a qui semblent quelque peu handicappés sur ce plan), mais la condition naturelle des gens semble être de le garder fermé et de ne l’ouvrir qu’au besoin. Alors que moi, j’ai plutôt énormément de difficulté à le fermer tout court. Quand j’étudiais en théâtre ça transpasaissait jusque dans mon jeu. Un commentaire fréquent de mes instructeurs était de me dire de « fermer la caméra ».

N’allez pas croire que je présente ce « regard externe permanent » comme une vertue qui me donne une meilleure capacité à juger que la moyenne, au contraire. Je dirais même qu’à plusieurs niveaux, c’est un handicap. Et j’en souffre.

C’est utile et nécessaire de prendre distance et d’ouvrir l’oeil extérieur régulièrement si l’on tient à prendre des décisions éclairées. Et c’est selon moi une tare de ne pas le faire suffisament. Mais une fois qu’on a évalué la situation et qu’on s’engage, il faut se re-centrer sur soi-même, filtrer le reste de la réalité et se concentrer sur la partie qui nous concerne. Si on ne ferme pas l’oeil extérieur et qu’on continue à chaque instant à percevoir la situation sous tous ces angles et côtés, on est pris pour douter constamment du chemin qu’on a choisi et on ne cesse de se remettre en question. Se remettre en question est une très bonne chose et j’invite tout le monde à le faire périodiquement. Mon estime de quelqu’un tient beaucoup à sa capacité de remise en question. Mais à chaque instant de chaque seconde, sans pouvoir arreter? Croyez moi, c’est l’enfer. Ça peut créer des moments d’indécision complètement paralysants (qui peuvent parfois durer très longtemps). Une bonne part de l’histoire de ma vie se résume ainsi: J’ai passé tant de temps à me demander sur quel train embarquer qu’ils sont tous partis sans moi. Ça engendre aussi souvent une grande difficulté à « garder le focus » dans quelque entreprise que ce soit. Et ça peut aussi rendre la communication difficile car je vis dans un univers où il est constament sous-entendu que A et B peuvent tous les deux être vrai même quand A contredit B, ce paradoxe ne me pose pas vraiment problème, mais j’oublie souvent que ce n’est pas le cas pour mon interlocuteur.

Mais voilà, ça semble être mon état naturel à moi. Et sans jamais l’avoir exactement perçu en ces mots (ou en mots tout court), c’est une diférence que je ressens profondément depuis que je suis enfant. J’ai appris à vivre avec cette condition… à la contourner lorsque nécessaire… à m’en servir même (ça a ses avantages d’avoir ce « troisième oeil » ouvert en permanence).  Mais j’ai aussi toujours cru qu’un jour ça arreterait. Qu’un jour « je serais grand » et que je serais enfin « comme tout le monde ». Ça ne fait pas longtemps que j’ai commencé à accepter que j’allais être comme ça toute ma vie. Je commence enfin à m’y faire. Et puis comme je dis, ça a aussi ses avantages, ça facilite le « thinking outside the box », ça permet de voir des solutions ou des pistes qui n’apparaissent pas instantanément aux autres, ça aide à être flexible et agile dans sa pensée et à jouer sur plusieurs plans.

J’ai dis l’autre jour que je m’exprime sur les grandes questions de société sans autorité académique ou politique.  Eh bien, si je prétend à une autorité quelconque dans les idées que j’avance ici, c’est celle que je tiens de mon handicap. Je blogue avec l’autorité de quelqu’un qui est condamné à toujours percevoir le monde autrement. Nous ne sommes pas seuls (pas à percevoir le monde comme moi, mais simplement à le percevoir autrement) et nous sommes probablement souvent dans le champ (dans mon cas, le monde tel que je le perçois peut être très complexe et confus et je peux facilement m’y perdre si je ne fais pas attention), mais je crois qu’une fois de temps en temps, nous apportons l’occasionnelle bribe de sagesse qui permet d’éclairer un nouveau racoin du monde des muggles jusque là obscur.

Et c’est pour ça que, même le cul entre deux chaises, je blogue.

Personne n’a vu venir la crise?

27 mars 2010

Je crois avoir trouvé ma prochaine lecture:

Voici le même auteur qui raconte l’histoire d’un autre de ses “héros” (plus intéressante encore, celle là) chez John Stewart la semaine dernière.

The right: reliably crying “wolf” since 1934

26 mars 2010

Ce dessin éditorial a paru dans le Chicago Tribune… en 1934:

Chicago Tribune 1934 Editorial Cartoon
Cliquez sur l’image pour la voir en plus gros

C’est beau la foi, n’est-ce pas? À force d’annoncer une apocalypse qui n’arrive jamais, la droite « conservatrice » va finir par avoir autant de crédibilité que les témoin de jéhova.

via Chait

Entrainement intensif pour blogueurs

26 mars 2010

Bon, je m’étais promis que je ne ferais pas ça ici comme je le faisais là-bas, c’est à dire retransmettre un truc après l’avoir croisé chez un des plus gros blogueurs de la planète, mais je la trouve trop bonne.

C’est un site qui permet aux blogueurs de s’entrainer et devenir bon à ce qu’un blogueur fait de mieux …et c’est ici.

Pushers have no shame

26 mars 2010

À entendre certaines voix du côté droit de la sphère politique, on a la nette impression qu’elles croient que la société a pris une mauvaise direction… qu’elles nous appellent à revenir à un temps où les choses étaient plus simple, où les valeurs communes étaient sans conteste… une époque où le gouvernement ne se mêlait pas de dire aux familles comment élever et nourrir leurs enfants… une époque où l’état ne s’immisçait pas entre le commerçant et le client, une époque où le client était libre de faire ses propres choix et où le commerçant était libre de lui fournir toutes les informations pour éclairer son choix:

Start Cola Earlier

Le texte: (les italiques sont de moi)

How soon is too soon?

Not soon enough. Laboratory tests over the last few years have proven that babies who start drinking soda during that early formative period have a much higher chance of gaining acceptance and “fitting in” during those awkward pre-teen and teen years. So do yourself a favor. Do your child a favor. Start them on a strict regimen of sodas and other sugary carbonated beverages right now, for a lifetime of guaranteed hapiness.

Donne du coke à ton bébé, il va être plus populaire au secondaire… Ç’a été prouvé… en laboratoire! Wow. No wonder que mes parents se sont rebellés s’il ont grandi dans un monde aussi clairement malhonnête et détraqué. Et certains chez les « conservateurs » de droite voudraient qu’on retourne à ça? Non merci. La dictature stalinienne dans laquelle nous vivons me va très bien, merci.

[l'image a été trouvée ici]

Prise 2

25 mars 2010

Pourtant, je n’ai jamais eu l’ambition d’écrire.

J’ai par le passé tour à tour caressé l’ambition d’être un bédéiste, un danseur, un scientifique, un comédien, puis un informaticien (ce que je suis) et j’ai toujours été un lecteur avide et insatiable, mais écrire? Pouah! Cela m’a toujours paru comme une corvée pénible et désagréable à éviter dans toute mesure du possible. Tellement que je n’ai toujours pas de D.E.C. pour avoir flushé mes cours de français et philo alors que j’étudiais en théâtre. Après le cégep, j’ai passé 15 ans sans commettre une seule phrase à la page. Et mon premier texte (un étrange cri de l’âme écrit à la mi-trentaine, pour un site de rencontres …intimes) marquait la première fois que j’écrivais quoi que ce soit depuis mon adolescence sans y être obligé.

Alors pourquoi, si j’ai une relation aussi torturé à l’écriture, est-ce que je m’acharne à me créer un espace de diffusion qui privilégie l’écriture comme forme d’expression? Bonne question. Une question que je me suis posé tout au long de mon aventure avec Le Petit Émerillon et à laquelle je n’ai toujours pas de réponse satisfaisante.

Je suis entouré dans la sphère soit de gens qui rêvent ou ont déjà révé d’écrire un roman ou de publier celui qu’ils ont déjà écrit ou simplement de pouvoir gagner leur vie à rédiger des textes (et plusieurs ont clairement le talent, l’ambition et la persévérence nécessaire), ou encore de gens qui voudrait influencer le cours de la société en militant de façon continue et acharnée via leur blogue (souvent entre autres moyens) pour des causes ou des idées qui leurs sont chers. Pour ma part, je ne m’inscrit aucunement dans cette première dynamique (même si j’apprécie énormément lire ceux qui y sont) et je mentirais si je disais que la seconde n’avait rien à voir avec mes motivations derrière Le Petit Émerillon… sauf que je ne me suis jamais fait d’illusions sur tout l’impact que peut avoir un pauvre petit blogue écrit par un simple citoyen un peu trop reclus et sans grand talent d’auteur qui s’attaque sans aucune autorité académique ou politique aux grandes questions de société alors qu’il peine même à gérer sainement sa propre vie personnelle et affective.

Alors pourquoi bloguer?

Je ne sais pas. Je sais seulement que ça semble être devenu une compulsion pour moi. Quelque part au cours de l’aventure du Petit Émerillon, mon mode de réflexion par défaut est passé de discuter avec certains personnages historiques qui vivent dans ma tête (oui, je sais, je vous expliquerai un jour) à composer des billets de blogue dans ma tête. Ça s’était pourtant estompé cet hiver, alors que je ne bloguais plus depuis un bout et que je considérais sérieusement mettre ça de côté pour de bon et passer à autres choses. Puis récemment, déclenché par des trucs au hasard que je lis dans certains blogues ou que je croise dans les médias ça a recommencé. Je me suis mis à réfléchir et a tenter de décortiquer ma pensée (qui évolue) et l’intensité viscérale de mes réactions sur certains sujets en composant des textes dans ma tête.

Le problème avec tenir un blogue dans sa tête,  c’est que c’est très difficile de se relire… aussi, il y manque la vraie valeur ajouté d’un blogue, celle de confronter sa pensée à celle des autres, de voir si elle tient la route. Car ce n’est pas toujours le cas… sauf que c’est impossible à constater lorsqu’on la fait évoluer en isolement.

Le Petit Émerillon a d’abord été créé parce que je croyais avoir quelque chose d’important à dire aux autres. Ce que j’ai constaté au fil de l’exercice, c’est qu’il m’aidait bien davantage à m’expliquer la nature de ma propre pensée à moi même… à faire la distinction entre la part qui repose sur une réelle réflexion valide et la part qui repose sur l’émotion pure et le préjugé. Ça m’a beaucoup aidé à comprendre, à raffiner et à faire évoluer ma propre pensée politique et philosophique et comme la politique demeure une de mes passions principales, c’est un exercice que j’ai bien l’intention de poursuivre ici. Il y aura certes une forte continuité entre ce blogue et Le Petit Émerillon.  Sauf que s’il ne s’agissait que de ma pensée politique et philosophique, j’aurais simplement repris mon vieux blogue là où je l’ai laissé. Si je démarre un nouveau blogue, c’est que j’ai envie d’étendre l’exercice à d’autres dimensions de mon esprit. J’ai l’intention de me mettre beaucoup plus à découvert comme être humain (très imparfait) et parler de choses plus personnelles et de sujets plus variés que je ne le faisais dans Le Petit Émerillon de peur d’enlever de la force aux arguments politiques que j’avançais. Ne vous y méprenez pas, Le cul entre deux chaises se veut bien davantage un blogue « d’opinion » qu’un blogue « personnel ».  Mais cette fois, je crois que j’écris davantage pour moi que pour les autres… en espérant que ça saura quand-même en intéresser certains. (Si je ne voulais pas être lu et voir mes idées confrontées, je tiendrais un journal intime, pas un blogue)

Oui, Il y a surement quelque chose de narcissique… et exhibitionniste… et même probablement un peu de masochisme dans cette intention. Mais c’est surtout périlleux. Car contrairement à la plupart de ceux qui se servent du blogue pour exposer leur vie intérieure et malgré le fait que mon « pseudo » n’affiche pas mon nom complet, je suis loin de bloguer anonymement.

Enfin. Alea jacta est.